À l’approche des élections municipales, le dossier du programme « Villa d’Este » fait parti des projets qui font réfléchir. Entre redressement judiciaire, créances impayées et mutisme de la municipalité, l’avenir des cinq immeubles du Mail de ce promoteur semble plus incertain que jamais.
Un lancement « commercial » qui s’éternise
Depuis mai 2023, un pavillon de vente trône devant la caserne des C.R.S. Pourtant, sur le site officiel du promoteur VERRECCHIA, le programme est toujours affiché en phase de « lancement ». Pour un projet de cette envergure (5 immeubles de 6 étages), avec des prix oscillant entre 6 700 € et 8 200 € le m², cette stagnation est une anomalie majeure. En réalité, le moteur semble coupé : aucun établissement bancaire ne finance un promoteur placé en redressement judiciaire et le projet semble décallé.
Les chiffres : un passif de 17 millions d’euros
Les données issues d’Infogreffe et du mandataire judiciaire (MJ Associés) dressent un bilan comptable alarmant pour la société Verrecchia au 15 février 2026 :
- Un passif total s’élevant à 17 525 000 €.
- 6 525 000 € de dettes immédiatement exigibles.
- 71 920 € TTC d’impayés dus au cabinet d’architectes Lambert et Lenack, concepteurs du projet.
Malgré ces indicateurs au rouge vif dès 2022, la SEMIV a signé une promesse de vente sous condition suspensive avec M. Verrecchia invité en tant qu’ami aux voeux de M. Le Maire le 16 janvier dernier et la mairie a délivré les permis de construire en juin 2023. Comment expliquer une telle prise de risque de la part de la municipalité actuelle ?




Le 18 mars 2026 : le couperet judiciaire après les urnes.
Si le maire évoque régulièrement un « plan de continuation » lors de ses réunions publiques ou pendant son Facebook Live, les documents officiels du mandataire judiciaire (procédure n°39828) restent muets à ce sujet. Le 14 novembre 2025, le tribunal a prorogé la période d’observation jusqu’au 18 mars 2026.
Ce dénouement judiciaire interviendra trois jours après le premier tour des élections municipales. Un hasard de calendrier qui permet, de fait, d’éviter de prononcer le mot « liquidation » avant le passage aux urnes.
Des zones d’ombre qui inquiètent les Véliziens
Face à cette situation inquiétante, l’entêtement de la municipalité pose question, d’autant que l’année 2025 a été qualifiée par la presse nationale de « pire année pour les promoteurs depuis un quart de siècle ».
- Pourquoi avoir maintenu la confiance en un promoteur dont les difficultés étaient documentées dès 2022?
- Quel est le rôle exact de la société AMALTHE, société unipersonnelle créée par le maire en 2022 à Vélizy, dont l’objet social interpelle les observateurs ?

Conclusion : vers un fiasco immobilier ?
Entre les ambitions architecturales de standing en pierres de taille et la réalité financière brutale, c’est un fossé de taille qui se creuse pour les habitants qui voient apparaître une friche immobilière au cœur de la ville.
Le verdict du 18 mars dira si la « Villa d’Este » sortira de terre ou si elle rejoindra la longue liste des projets victimes de la crise immobilière et d’une gestion locale jugée par beaucoup comme imprudente.
En attendant depuis quelques jours, la ville affiche des panneaux sur la pallissade du chantier en plein centre ville, ces mêmes images produites par la Ville sont aussi présentées par le candidat M. Thevenot lors de ses meetings de campagne municipale.




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