Chronique d’une dégradation silencieuse du service public (2015-2025)

À Vélizy, la communication officielle célèbre une « ville bien gérée » et des projets immobiliers d’envergure. Mais derrière les façades neuves, le quotidien de nos enfants subit une cure d’austérité sans précédent. Sommes-nous en train de sacrifier l’avenir éducatif et social sur l’autel d’une gestion comptable ? Comme l’écrevisse qui ne sent pas l’eau chauffer, les Véliziens voient leurs services fondre année après année.

1. Rythmes scolaires : le grand tour de passe-passe

L’évolution des Temps d’Activités Périscolaires (TAP) est révélatrice d’une gestion purement comptable :

  • 2017 : suppression pure et simple des TAP en maternelle.
  • 2021 : passage de 4 à 2 séances de TAP par semaine en élémentaire.
  • Le sacrifice du matin : pour compenser ce vide sans dépasser le quota d’heures fixé par l’Éducation Nationale, la ville a retiré 30 minutes de classe chaque matinée. Pourtant, c’est le moment où la concentration de l’enfant est maximale. Résultat : 2 heures d’apprentissage privilégié perdues par semaine.
  • Une qualité en berne : sous des noms attractifs des TAPS se cachent désormais des activités banales (épervier, balle au prisonnier) gérées comme une simple garderie.

TAP avant 2021 :

TAP après 2021 :

2. Cantine et goûter : 40 % des enfants ont faim

Le contrat de restauration passé avec Scolarest à l’été 2023, sans aucune consultation de la communauté éducative, est un modèle de régression :

  • Moins de nourriture : passage de 5 à 4 composants (suppression d’une entrée ou d’un fromage) et fin du double choix.
  • La fin des goûters : supprimés en élémentaire et devenus payants en maternelle (jusqu’à 60% du prix selon le coefficient).
  • Le constat est sans appel : selon le propre sondage de la mairie en 2024, 40 % des enfants déclarent avoir faim. Est-ce acceptable dans une ville « riche » comme Vélizy ?
  • Logistique défaillante : plus de pique-niques fournis pour les sorties scolaires, et la fin de la liberté de choix imposée dès la maternelle.

3. L’exclusion comme mode de gestion périscolaire

L’accès aux centres de loisirs (mercredis et vacances) n’est plus un droit pour tous les petits véliziens :

  • Priorité aux « deux parents qui travaillent » : gravée dans le marbre par le règlement d’octobre 2024.
  • Désinscriptions forcées : dès juin 2025, des enfants ont été désinscrits d’office après la campagne d’inscription par manque de place. Le service public devient un service de garde sélectif, brisant le lien social et l’égalité des chances.

4. Une gestion déconnectée et un gaspillage flagrant

Alors que les médecins alertent sur les dangers de la surexposition, la mairie impose des écrans informatiques dès la maternelle. Parallèlement, le budget « trousseau scolaire » est géré de façon discordante et il n’est pas rare de voir les lumières des écoles rester allumées toute la nuit et tout le week-end.

  • Le matériel du trousseau scolaire est pris sur le budget classe des enseignants, mais livré sans cohérence : ciseaux de droitiers pour les gauchers, feutres à pointes fines quand les maîtres demandent des larges.
  • Les photocopies sont rationnées, forçant les parents à imprimer eux-mêmes les supports de cours.

Ces dépenses en lumières sont d’autant plus choquantes qu’on oppose la rigueur budgétaire.

5. Patrimoine et climat, l’urgence est ignorée

Pendant que des projets immobiliers pharaoniques, rêves du Maire, sortent de terre, nos écoles se détériorent :

  • Absence de rénovation thermique sérieuse face au changement climatique (classes étouffantes en été)
  • L’aide de l’État pour les TAP est passée de moitié en 2024 à zéro en 2025. Plutôt que de compenser, la ville coupe dans les services de base.

Conclusion : sortir de la passivité

À Vélizy, il ne faut pas gérer que les promoteurs immobiliers au détriment des écoles. Il est urgent de demander :

  • Le retour du budget « fournitures » directement aux écoles.
  • Le rétablissement des 5 composants à la cantine et du goûter gratuit.
  • L’arrêt de la discrimination à l’inscription périscolaire.
  • la rénovation des écoles qui sont des passoires thermiques.
  • un système intelligent pour éviter que les lumières restent allumées dans les écoles.

L’avenir de nos enfants ne doit plus être la variable d’ajustement du budget municipal.

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