Proposition 7.4 – PREVENTION et SECURITE : améliorer l’éclairage public pour la sécurité, les piétons et faire des économies d’énergie

Entre impératifs écologiques et sentiment de sécurité.

Face au double défi de la transition énergétique et de la préservation de la biodiversité, de nombreuses communes, dont Vélizy-Villacoublay, repensent leur modèle d’éclairage public. Si l’extinction nocturne répond à une volonté d’économie et de lutte contre la pollution lumineuse, elle suscite également de vives contestations au sein de la population.

De nombreux résidents craignent que l’obscurité ne devienne un terreau fertile pour l’insécurité, favorisant notamment les cambriolages et les dégradations de véhicules. À cette inquiétude s’ajoute une problématique de sécurité routière : le manque de visibilité des passages piétons et du marquage au sol accroît les risques d’accidents nocturnes.

Nous nous sommes saisis de ces questions complexes en réunion publique le 20 novembre dernier. Quelle est notre position face à ce choix de société qui place le curseur entre sobriété nécessaire et protection des citoyens ?

1. Un mouvement national qui a gagné Vélizy

Le virage pris par notre commune s’inscrit dans une tendance nationale de fond. En 2023, sur les 20 000 communes françaises recensées, le bilan était sans appel : plus de la moitié pratiquait une extinction totale et un quart une extinction partielle de leur éclairage public.

Vélizy a rejoint ce mouvement à la fin de l’année 2023, en plongeant certains de ses quartiers dans l’obscurité totale. Cependant, un constat s’impose : à l’instar de nombreuses communes de taille similaire, Vélizy a privilégié la solution radicale de l’extinction totale dans certaines rues, sans pour autant engager, en amont, les rénovations d’envergure qui auraient permis une transition plus souple.

L’impact environnemental

La littérature spécialisée est aujourd’hui unanime : le maintien d’un éclairage artificiel tout au long de la nuit constitue une pression majeure sur la biodiversité. Si la lumière nocturne a facilité les activités humaines depuis près de deux siècles, elle vient percuter des rythmes biologiques établis depuis des millénaires.

La vie sur Terre s’est structurée autour de l’alternance fondamentale du jour et de la nuit. Ce cycle régule l’horloge interne de la quasi-totalité du monde vivant. En imposant un éclairage permanent (24h/24 et 7j/7), l’humain créé un déséquilibre profond.

Dans ces conditions, il parait donc normal de limiter l’éclairage là où les animaux sont le plus présents c’est à dire en bordure de forêt. Cela permet de recréer un rythme naturel :

  • pour la faune : l’obscurité sert normalement soit de protection soit de camouflage à certains animaux, comme les hérissons par exemple
  • Flore et pollinisation. De nombreuses plantes dépendent d’insectes nocturnes pour leur pollinisation et ces derniers ne seront plus attirés fatalement par des luminaires.
  • Rythmes circadiens. Hormis les régions polaires dont les espèces sont adaptées à des cycles extrêmes, la biodiversité européenne nécessite une véritable phase d’obscurité pour sa régénération
Illustration (c) Vivre à Vélizy

2. Vers une cohabitation équilibrée?

L’extinction nocturne peut donc aussi être considérée comme un effort pour limiter la pollution lumineuse, protéger la biodiversité et faire des économies. Mais la ville est-elle condamnée à choisir entre le bien-être des hérissons et la sécurité des piétons ?

Il existe des solutions pour concilier les besoins de la faune et ceux des humains, afin que la ville ne soit plus un espace de conflit entre écologie et tranquillité publique.

Le zonage en question, entre bon sens et incompréhension

Si l’extinction des rues bordant la forêt de Meudon ou de Versailles relève d’une logique de préservation bien que l’argument de l’économie ait été toujours uniquement mis en avant, la stratégie adoptée dans d’autres secteurs de la ville soulève de réelles interrogations.

En effet, l’application d’une extinction totale le long de l’axe A86, au cœur de la Zone d’Activités (proche de Vélizy 2) et sur les artères importantes semble paradoxale car cela pose un problème de visibilité critique pour les conducteurs et l’enjeu de biodiversité y est moindre.

La sécurité ne doit pas être le prix à payer pour l’écologie ou l’économie. Là où l’activité humaine existe la nuit, des alternatives existent pour ne pas sombrer dans l’obscurité totale.

Ci-dessus par exemple, l’avenue Charles de Gaulle le 12/02/2026 à 22H30 plongée dans le noir

3.Sortir du « Tout ou Rien » : il y a des solutions pour un éclairage intelligent

Pour Vivre à Vélizy, l’alternative n’est pas de choisir entre l’insécurité et la pollution lumineuse. Il existe une « troisième voie » technologique, déjà adoptée par d’autres villes de notre gabarit, qui permet de concilier les impératifs de chacun.

  • L’éclairage à détection de présence (Le « Smart Lighting »). Au lieu d’éteindre arbitrairement de 23h59 à 5h, la ville pourrait investir progressivement dans des lampadaires intelligents équipés de capteurs de mouvement.
    • Le principe : la lumière est maintenue à une intensité minimale (10 à 20 %) pour assurer un balisage visuel. Dès qu’un piéton, un cycliste ou une voiture est détecté, l’intensité remonte instantanément à 100 %
    • Le bénéfice : on économise l’énergie 90 % du temps tout en garantissant la sécurité dès qu’une présence humaine est réelle.

      Nous proposerons d’installer ces lampadaires dans des quartiers ou la détection lumineuse est possible comme Vélizy-Bas, le Clos, le Village, Mermoz, La Pointe Ouest, autour de la Mairie, les rues piétonnes du quartier Europe et toutes les rues adjacentes non principales.
  • Le passage généralisé aux LED basse tension à « température chaude ». Toutes les lumières ne se valent pas. Les LED blanches/bleues sont les plus nocives pour la biodiversité et le sommeil humain.
    • La solution : installer des LED ambrées (température inférieure à 3000 K).
    • Le bénéfice : elles limitent la dispersion lumineuse vers le ciel et sont beaucoup moins perturbatrices pour la faune nocturne, tout en éclairant efficacement la chaussée.
  • La modulation de puissance (Le « Dimming »). Dans les zones comme l’A86 ou la zone d’activité, l’extinction totale est une erreur.
    • La solution : réduire l’intensité de 50 % au cœur de la nuit au lieu de tout couper.
    • Le bénéfice : on maintient la visibilité des marquages au sol et des passages piétons, tout en divisant par deux la facture énergétique.
  • Des passages piétons à lumière bleue avec détecteur de présence
    • Avantages : une alerte visuelle forte. La lumière bleue se détache nettement de l’éclairage public traditionnel attirant immédiatement l’attention des automobilistes sur la zone de danger et se voyant de loin.
    • Effet psychologique. Le bleu est souvent associé à la vigilance et à la sécurité, ce qui peut inciter naturellement à ralentir.
    • Impact écologique. Pour limiter l’impact car le bleu perturbe plus les cycles biologiques (mélatonine), les spots bleus en lisière de forêt ou sur les axes moins usités seront équipés de détection de présence.
Illustration (c) Vivre à Vélizy

Conclusion : pour une concertation vélizienne

La question de l’éclairage public à Vélizy que nous avons débattu en réunion publique et que nous continuerons de discuter, ne peut se résumer à un simple arbitrage entre économies budgétaires et protection de la nature. S’il est impératif de réduire notre empreinte écologique et de restaurer la « nuit noire » en lisière de forêt pour protéger notre biodiversité quand cela est possible, cette démarche ne doit jamais se faire au prix de la sécurité des Véliziens.

L’extinction totale et brutale, aléatoire car contrairement à ce que dit le Maire cela se produit également à proximité des écoles ou sur les axes principaux, est une réponse incomplète et insatisfaisante. Elle ignore le sentiment d’insécurité des habitants et les risques accrus pour les piétons dans nos zones passagères.

Vivre à Vélizy plaide pour une vision moderne et écologique :

  • Priorité à l’innovation. Remplaçons l’extinction aveugle par des solutions intelligentes (détection de présence, LED à température chaude, marquage au sol photoluminescent).
  • Sécurisation des points noirs. Garantissons un éclairage renforcé et adapté sur chaque passage piéton pour qu’aucune économie ne justifie un accident.
  • Discernement territorial. Éteignons là où la nature reprend ses droits, mais maintenons la lumière là où la vie urbaine et la sécurité l’exigent.

L’écologie de demain ne doit pas être synonyme du renoncement, mais d’intelligence. Nous continuerons d’engager de véritables concertations par quartier après la campagne pour que la lumière (ou son absence) et les projets de proximités soit toujours au service de l’intérêt général en respectant les spécificités de chacun.

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